Notre Road Trip en Auvergne

Notre Road Trip en Auvergne

  • Départements traversés : Gers, Tarn et Garonne, Lot, Cantal, Puy de Dôme, Corrèze, Dordogne, Lot et Garonne.
  • Environ 1300 km parcourus
  • Météo : 6°C (à 1800m) à 32°C.

Septembre 2020. Cette année atypique a bouleversé nos plans initiaux. Avec cette crise sanitaire nous avons décidé de rester en France, sur le continent, et de privilégier une région calme. Direction : l’Auvergne.

Ce n’est pas une destination à laquelle nous aspirions au 1er abord. Venant des Pyrénées… le massif central… pfff des petits joueurs… et bien nous n’avons pas été déçus.

 ÉTAPE 1 : Saint Nectaire

C’est sous la bruine que nous commençons notre séjour au pays du fromage de Louis XIV. Passage obligatoire au marché hebdomadaire pour des emplettes de produits locaux : saucisson, fromage, jambon de pays… la bonne odeur des spécialités auvergnates met l’eau à la bouche.

Saint Nectaire un fromage… mais pas seulement ! Ce qu’il y a de plus beau dans ce village pittoresque est sans conteste, l’église romane construite aux XI ème et XII ème siècle. Très bel édifice qui trône fièrement sur les habitants depuis son promontoire !

Notre curiosité se porte sur des fontaines pétrifiantes. Quèsaco au juste? Il y a 200 ans, Jean Serre a eu l’idée d’utiliser les eaux volcaniques, riches en calcaire, pour réaliser la pétrification d’objets ou végétaux et créer des œuvres d’art d’un genre nouveau. Au fil de l’eau et de la visite guidée nous découvrons la technique utilisée et les œuvres réalisées. Chapeau bas pour l’ingéniosité. Incroyable et vraiment insolite !

Tarif : 6€ . Chiens admis #tourismeavecmonchien.

Avec ces températures automnales, nous avons une forte envie de nous réchauffer autour d’un bon plat de montagne. C’est dans une auberge (ancienne grange réaménagée) que nous dégustons la spécialité locale : la phonsounette (n.d.l.r bon on vous l’avoue notre langue a fourché et nous avons commandé une foufounette). C’est une sorte de tartiflette avec une saucisse au chou que nous avons accompagné d’un vin auvergnat « volcanik ». Ce repas, ce décor authentique nous a réchauffé le cœur et le corps. Cette gastronomie est si copieuse que nous sommes repus pour 2 jours.

ÉTAPE 2 : Clermont Ferrand

Comme le soleil n’est pas au rdv, le projet initial est de visiter Vulcania, parc dédié aux volcans. Dommage le site est passé aux horaires hors saison (fermé le lundi et le mardi). Toujours être vigilant quand on part en septembre il y a moins d’activités qu’en juillet-août.

Changement de plan vers Clermont Ferrand (situé à quelques kilomètres). Situé dans un écrin de verdure et de beauté, quelle déception quand on arrive sur les hauteurs. Un alignement de blocs des années 60, 70 et du béton, béton , béton. Nous visitions le centre ville manière de dire « là on était déjà » mais nous ne ressentons aucune émotion. Même la cathédrale, certes impressionnante, est glauque. Sa couleur noire, de pierre de lave, donne au centre ville un côté triste accentué par la pluie. Place de Jaude, la statue en bronze de Vercingétorix attire notre attention.  Elle a été érigée en hommage au vainqueur du siège de Gergovie qui s’est déroulé non loin.

 

Le patrimoine architectural n’étant pas terrible, nous nous dirigeons vers le fleuron de la ville, l’entreprise qui a fait la prospérité Clermont « l’aventure Michelin ». Suivons Bibendum au musée retraçant la folle épopée d’une famille avant-gardiste et fascinante.

Sur 2000m², nous découvrons l’histoire, l’actualité et l’avenir de Michelin. Du 1er pneu démontable aux nouvelles technologies en passant par les cartes routières, guides, bornes… Michelin a révolutionné le transport et l’itinérance. On ne peut pas imaginer que l’industrie du pneu peut avoir un tel impact sur l’automobile et le ferroviaire. Nous pouvons être fiers d’avoir en France une telle ingénierie.

La météo s’améliore, cependant dès que le soleil se couche il fait frais. L’avantage est que nous arrivons à trouver des spots où nous pouvons faire des feux pour nous réchauffer. Le feu c’est la vie.

ÉTAPE 3 : Puy de Dôme

Incontournable lorsqu’on séjourne en Auvergne, le Puy de Dôme est certainement le sommet le plus reconnaissable et le plus connu du Massif Central.  Mais qu’est ce qu’un Puy? C’est un mont à profil arrondi et à caractère volcanique du Massif Central. En tant que pyrénéenne nous allons dire que c’est une colline, quoi ! 🙂

Pour y monter vous avez 2 options : le train électrique ou la rando. Le panoramique des dômes dévoile, de manière confortable, un panorama sur la Chaîne des Puys. Nous choisissons la manière sportive en empruntant le chemin des muletiers. 2km de lacets et 350 m de dénivelé. Autant vous dire que cela grimpe mais la récompense est au bout. À 1465m d’altitude… quel panorama ! Vue à 360°C sur le massif du Sancy et la chaîne des Puys. Nous prenons toute l’ampleur des volcans avec cette succession de cratères dont le plus marquant est le « Pariou ».

Il ne fait pas très chaud au sommet, seulement 6°C et beaucoup de vent. On comprend mieux pourquoi le Puy de Dôme est un haut lieu du parapentisme. D’ailleurs nous restons un long moment à admirer les hommes volants.

Le Puy de Dôme n’est pas qu’une station météorologique. On y trouve aussi les vestiges d’un temple romain dédié à Mercure. Le chemin des muletiers était emprunté par les hommes pour lui apporter des offrandes et vouer son culte. Un musée explique la construction et les techniques utilisées par les romains. Grâce aux vestiges on imagine bien la beauté des lieux.

Après 4h à flâner sur le toit de la chaîne nous redescendons doucement (c’est difficile pour Jack sur les pierres volcaniques).

Conseil : opter pour le chemin des muletiers pour accéder au sommet. À 2 adultes+1 chien nous avons économisé 35€ et fait du sport !

Dog friendly, nos amis à 4 pattes sont acceptés sur le chemin et sur site.

Cette magnifique journée se termine par un spa. Sauna, jacuzzi, bains massant rien que pour nous (nous étions quasiment seuls, effet covid sans doute !) Se prélasser dans les eaux thermales de Royat à plus de 30°C que demander de plus. Il est où le bonheur, il est où…il est là!!

ÉTAPE 4 : Lac d’Ayat

Toujours en mode « slow » nous rejoignons un lac typique du Massif Central qui s’est formé dans un cratère. On se pose, on bouquine, on profite de la nature bucolique. Seuls des canards s’approchent pour avoir un petit morceau de notre pique nique. Puis balade digestive autour du lac. Ayat offre quelques jolis points de vue mais il est dommage que le sentier passe souvent dans la forêt. On rejoint notre spot pour la nuit avec une magnifique vue sur le Puy de Dôme. Ce soir c’est soirée pizza devant le coucher de soleil. Une fois couché, les températures tombent rapidement, impossible de profiter de l’extérieur. Nous nous blottissons dans le van. Prochain investissement le chauffage, nous sommes décidés! On pourra ainsi profiter d’escapades plus tôt dans la saison.

ÉTAPE 5 : Vulcania

Parc d’attraction sur la fascinante histoire des volcans d’Auvergne (et d’ailleurs) et de leurs légendes. Katia et Maurice Krafft, célèbres vulcanologues décédés dans une nuée ardente (n.d.l.r coulée de poussière lors d’une éruption volcanique) rêvaient de créer un parc sur le thème des volcans. Vulcania l’a fait! En descendant dans le symbolique cratère, nous plongeons au cœur d’un volcan. Ambiance plus vraie que nature avec la fumée et la diffusion des bruits d’une véritable éruption volcanique.

Lieu de loisirs mais aussi d’apprentissage, ce parc permet grâce à diverses attractions de mieux comprendre le fonctionnement des volcans et de notre planète. Mêlant science, pédagogie et distraction, Vulcania nous sensibilise sur les enjeux écologiques majeurs des prochaines décennies. Une mention spéciale pour le film de Thomas Pesquet (Stef est fan !). Certaines attractions sont un peu vieillissantes mais le parc est très bien aménagé. Le peu de visiteurs permet de respecter les distanciations et la cerise sur le gâteau est que nous n’attendons jamais aux attractions.

Tarifs : 26€ à 29,50€. Chiens non acceptés.

ÉTAPE 6 : Murol – Chambon-Besse et Saint Anastaire

Village pittoresque d’Auvergne avec un charme fou, Murol est implanté dans un écrin de verdure à 850m d’altitude. Nous partons à l’assaut de son château médiéval pour mieux en connaître l’histoire.

Nous sommes accueillis par un paysan du XVe siècle qui nous explique, avec un humour décalé, comment la défense du château était organisée en 1420. Standing ovation pour son talent théâtral. Une fois à l’intérieur du château, la visite est libre. Quelle beauté ! Entièrement mis en scène comme au XVe siècle, nous traversons le cellier, le bureau de Guillaume de Murol, la chambre de sa femme, la boulangerie, la cuisine… c’est certainement la haute cour qui est la mieux restaurée, montrant la richesse des lieux. Au sommet de la tour, sur les remparts, nous pouvons admirer une vue exceptionnelle sur le massif du Sancy.

Tarif : 9,6€. Chiens admis.

Nous déjeunons dans un petit restaurant du village où nous découvrons le Birou. C’est une bière agrémentée d’une crème pomme châtaigne. Pas mauvais ce breuvage. Le décor est idyllique mais la présence de guêpes nous incommode un peu. Stef c’est déjà fait piquer au Puy de Dôme. Cette année elles sont voraces.

Balade digestive au lac Chambon et séance de pédalo. Après la voiture, le train, le ferry, le téléphérique, Jack découvre un nouveau moyen de locomotion. Nous profitons de la quiétude du lac et du panorama somptueux sur les crêtes du massif du Sancy. Jack est davantage fasciné par le mouvement des pédales qui l’intrigue.

Au bout d’une semaine, nous devons ravitailler alors direction un camping, le Bois de la Gravière à Besse. Tout y est pour se sentir bien : bon emplacement, sanitaires propres et biens aménagés, barbecue et charbon de bois à disposition, piscine chauffée à 28°C. et en plus un tarif promo. Le camping étant peu fréquenté, nous nous prélassons seuls dans la piscine avant de préparer une belle viande de bœuf au barbecue accompagné d’un bon vin. On ne se refuse rien en vacances.

Le lendemain, nous découvrons Besse. Depuis le camping nous traversons une forêt en longeant la couze de Pavin. Dans les Pyrénées nous avons des gaves, en Auvergne ils ont des couzes. Après un kilomètre, nous débouchons sur un splendide village. Certainement mon coup de cœur. Cette cité médiévale et renaissance est longtemps restée l’un des fiefs des Médicis. Labellisée « Petites cités de caractère »  Besse a conservé ses ruelles étroites et pavées, ses échoppes, ses belles demeures en pierres de lave aux volets rouge, ses portes travaillées et ses fontaines. Son monument le plus caractéristique est le beffroi. Il marque l’entrée de la cité. Au détour de la flânerie on découvre aussi la maison où la reine Margot est venue se réfugier.

Une petite histoire en + : la girouette en forme de loup que l’on voit au sommet du beffroi est un hommage rendu aux loups qui peuplaient l’Auvergne il y a fort longtemps. Besse, haut lieu du commerce, était convoité par les anglais. Lors d’une fête pour les estives, les bessards absents pour garder la ville se firent attaquer. Mais les loups ont mis en fuite les brigands.

Petite BA de la journée : une mamie tombe dans les escaliers de l’église et se fracasse littéralement la tête. Opération secours, pls, Stef a fait un point de compression pour stopper l’hémorragie, pompiers … Nous espérons qu’elle s’en soit sortie indemne.

Fin d’après-midi un petit plouf dans la piscine pour se remettre de nos émotions et bonne soirée jeux et rigolade au camping.

Étape 7 : Mont-Dore, La Bourboule

Nous continuons notre road trip vers le Sancy. Changement de temps et d’ambiance. 12°C et bruine au Mont-Dore. Cette station de ski n’a pas vraiment d’intérêt touristique. C’est le point de départ de la randonnée qui mène au sommet du Puy du Sancy.  On s’y réchauffe avec un bon chocolat chaud mais on ne s’y attarde pas. Cette ville est anti-van. Stationnement interdit sous peine d’amendes et évacuation. Une aire de camping-cars existe bien mais elle est blindée. Nous continuons vers la Bourboule, une station thermale un peu vieillotte mais nous y restons pour la nuit. Dans un restaurant au décor des années 30, nous dégustons une délicieuse truffade à se délecter les papilles accompagnée d’un vin auvergnat.

Étape 8 : Le Puy du Sancy (1886 m)

C’est l’étape sportive de notre voyage. Il fait froid ce matin mais peu importe chaussures de rando aux pieds, bâtons dans les mains, nous allons gravir le plus haut sommet du massif central. Il existe aussi une option plus cool pour y arriver, prendre le téléphérique. Mais l’ascension n’a pas la même saveur.

Cela grimpe fort. Nous ne sentons même plus la bise glaciale. Après une montée vertigineuse jusqu’à la station du téléphérique, l’ascension du Puy de Sancy se prolonge pendant 20 min environ par un escalier en bois jusqu’aux  1886m d’altitude. Le ciel se dégage pour nous dévoiler la beauté  des volcans qui nous entourent.
Au sommet, un panorama à 360° et une vue incroyable.  Vraiment splendide cette ligne des crêtes ! Un vrai régal. Le vent souffle si fort qu’on ne peut pas y piquer niquer (j’ai cru m’envoler… impressionnant). Fiers d’avoir atteint le toit du massif central, cette rando est un incontournable de l’Auvergne. À faire absolument !

Pour infos : tarifs téléphérique de 10,20€ à 11€/personne. Chiens admis. Lieu fréquenté même début septembre.

C’est ainsi que s’achève notre roadtrip auvergnat. De magnifiques paysages, de beaux patrimoines, une riche gastronomie, une destination dog friendly du calme et de la quiétude. L’Auvergne est une région parfaite pour les vanlifers. Il est très facile de trouver des spots (avec vue sur le célèbre Puy de Dôme) pour déguster de bonnes grillades autour d’un feu. Il ne manque que la guitare pour des soirées animées… À réfléchir.

Étape 9 : Transit en Corrèze

En itinérance pour rejoindre la Dordogne, nous arpentons les petites routes du Plateau de Millevaches dans le parc national. Amoureux de paysages doux et champêtres nous sommes aux anges. Au détour d’un pique nique et d’une balade nous profitons du charme et de la beauté de ces paysages verdoyants. Halte à Egletons, petite ville typique par son architecture en granit et ses maisons en toit d’ardoise, nous profitons d’un soleil radieux en terrasse d’un café.

Après quelques heures de voyage, on se cale pour la soirée sur un spot en hauteur avec vue panoramique sur le limousin… Nous avons même le privilège d’assister à un feu d’artifice.

Étape 10 : Dordogne

Les vacances c’est aussi partager des moments de convivialité (pas nombreux cette année malheureusement). Nous faisons halte chez des amis à Thiviers pour 2 jours de farniente autour d’apéros, barbecues et piscine.

Mais notre soif de découverte prend le dessus et nous rejoignons Saint Jean de Côle. Classé un des « Plus beaux villages de France », nous sommes directement charmé par les ruelles fleuries, les maisons ocres joliment restaurées et par la vieille rue aux maisons à colombages et aux toits pittoresques. Le château de la Marthonie des XIIe et XVe s domine la jolie place Saint-Jean et l’ancienne église de style romano-byzantin est tout aussi splendide. Nous terminons cette charmante étape du Périgord Vert en enjambant un pont médiéval au dessus de la rivière « La Côle ».

Notre journée visite se poursuit par le château de Puyguilhem. On ne peut pas passer en Dordogne sans visiter un château, n’est-ce pas? La trogne de Jack a fait craquer le groupe et malgré l’interdiction le guide autorise Jack à suivre la visite. Pierre Mondot de la Marthonie, juriste et proche de la mère de François 1er, devient en 1515 premier président du Parlement de Paris. Il transforme le Château de Puyguilhem en demeure Renaissance en déployant un décor d’une grande finesse.

Château magnifique et bravo au guide qui nous a transporté. Tarif : 6€/pers.

Nous trouvons un spot pour la nuit autour d’un étang. Très sympa mais envahit de moucherons. Mission survie enclenchée. Stef part chercher du bois pour faire un feu alors que je délimite un périmètre de sécurité avec de l’antimoustique…Voilà notre campement installé. Les moucherons ont disparu. Nous sommes bien pour notre dernière soirée. Au menu du soir : viande de bœuf grillée et pommes de terre au feu de bois. Un régal ! Le lendemain nous profitons du lever de soleil sur l’étang avec un brouillard qui caresse l’eau. Quelque peu mystique ce réveil.

Sur la route du retour, dernière escale à Bergerac. Nous commençons par le marché (mais ne restons pas trop longtemps, la foule ne nous rassure pas en cette période). Ensuite nous nous dégotons une bonne petite table pour déguster les saveurs périgourdines.

Cette ville, classée Ville et Pays d’Art et d’Histoire, est très agréable… Un dédale de rues et de placettes plus charmantes les unes que les autres. On lève le nez pour admirer les colombages, les fenêtres en ogive, les portes travaillées, les maisons de bateliers. Plus loin,  place Pélissière, on salue la statue de Cyrano (ah, quand même, le voilà)!

Pour terminer et en raison de la chaleur, nous faisons une balade à bateau au fil de l’eau sur la Dordogne. Ce moment est agréable car on voit la végétation luxuriante des berges mais sans être transcendant.

À savoir : La rivière Dordogne prend sa source au pied du Puy de Sancy !!

Notre périple 2020 est terminé. Ce n’était pas forcément la destination de nos rêves mais nous ne regrettons absolument pas. Un grand bol de paysages grandioses, une tranche de gastronomie, un bouillon de culture , une once de relaxation et une pincée de sensations… voici la recette de vacances réussies.

La France regorge de pépites à découvrir. Alors n’hésitons plus, visitons les richesses de nos régions.

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